• France 3 Région et la Biennale d'Art Sacré...

    Un aperçu télévisé  sur une Biennale en marge de la Biennale !

     

     ''PAS EN OPPOSITION  ... MAIS PAS EN ACCORD NON PLUS'' : VOICI CE QUE DIT MICHEL DURAND QUAND ON LUI DEMANDE DE SITUER LA BASA 2013 PAR RAPPORT A LA BIENNALE DE LYON...

    ... Selon le propos du journaliste : ''Une biennale d'art sacré qui attire un public qui ne se retrouve pas dans les expositions trop conceptuelles de la Sucrière *''... Cet art conceptuel que Michel DURAND nomme ''art académique''.

      *principal lieu d'exposition de la Biennale de Lyon.

      

    Pour voir la séquence cliquer sur le lien suivant :

    http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_local_19_20_grand_lyon_,89671252.html

    Ce lien ne donne plus accès à la séquence sur la BASA 2013.

     

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    France 3 Région et la Biennale d'Art Sacré...

     jf Monnet - Etude au fusain pour ''Le Soleil de Bashan'' , oeuvre exposée à la BASA 2013 (quart inférieur gauche de la composition).

     

    La ''gueule cassée'' de 14-18 ; les barbelés et les miradors de 39-45, l'engrenage mortifère  : les conséquences de la volonté de revanche, de domination de l'autre ; de ce que l'histoire humaine peut avoir d'erratique : tout ceci donne aux destinées humaines un caractère éminemment fragile.

     

    ''Gueule cassée'' , la bouche emportée par un éclat d'obus, dans un hôpital militaire.

    ...Et l'année prochaine le centenaire du début de ce qui fut à la fois la dernière guerre ''à l'ancienne'' (cavalerie, infanterie...) et la première guerre moderne (gaz de combat, déluge de feu des obus, préfigurant les armes de destruction massive). Ce dont presqu'aucune famille française ne sortit indemne...

    Morts de 14-18 et de 39-45, le Soleil de Bashan nous reparle de vous !

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    Et je ne peux m'empêcher ici, pour continuer dans le même registre, de faire référence à ce poème d'Arthur Rimbaud, cette citation se prévalant d'une certaine distance non vis à vis du génial talent de Rimbaud, mais vis à vis du caractère plus que discutable que peuvent avoir, outre le patriotisme, les boucheries humaines.

    En 1870, Rimbaud évoque ici de façon lyrique les victoires des armées révolutionnaires (1792-1793) et leur ''million de Christs aux yeux sombres et doux''.

     

    "... Français de soixante-dix, bonapartistes,
    républicains, souvenez-vous de vos pères en 92, etc..."
    ..............................................................................
    Paul de Cassagnac
    - Le Pays. -

    Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize,
    Qui, pâles du baiser fort de la liberté,
    Calmes, sous vos sabots, brisiez le joug qui pèse
    Sur l'âme et sur le front de toute humanité ;

    Hommes extasiés et grands dans la tourmente,
    Vous dont les coeurs sautaient d'amour sous les haillons,
    O Soldats que la Mort a semés, noble Amante,
    Pour les régénérer, dans tous les vieux sillons ;

    Vous dont le sang lavait toute grandeur salie,
    Morts de Valmy, Morts de Fleurus, Morts d'Italie,
    O million de Christs aux yeux sombres et doux ;

    Nous vous laissions dormir avec la République,
    Nous, courbés sous les rois comme sous une trique.
    - Messieurs de Cassagnac nous reparlent de vous !

    Arthur Rimbaud

    Fait à Mazas, 3 septembre 1870

     

    L'idée du sillon régénérateur n'est pas loin de celle chantée par La Marseillaise. Néanmoins ce poème fait appel aux notions de noblesse, de liberté, d'amour, de Christ... et non d'impureté (''qu'un sang impur abreuve nos sillons'')... L'esprit de noblesse républicaine est de se donner soi-même à sa cause qui est le bien de tous, non de salir l'autre.

    Ce poème est donc un cri républicain contre toute forme de tyrannie. C'est aussi une harmonique du verbe profondément ancrée dans la conception chrétienne du don de soi.

    Par la voix du poète, la Res Publica, la ''Chose Publique'' est exaltée, dans un mouvement ascendant qui est à l'aune d'un engagement humain ; engagement au prix de la vie, et  trouvant son fondement dans les racines spirituelles de notre civilisation. Pour que le grain porte à fruit, il faut qu'il meure ! Ceci est sans doute le sens de ce ''million de Christs''.

    Mais si ces racines sont oubliées, n'est-ce pas la longue glissade dans le Péché et toutes ses déclinaisons, à toutes les échelles de la société  (à commencer par le mensonge, la mauvaise foi et l'hypocrisie de ceux qui, pour leur clan, voudraient empoigner les manettes du pouvoir) qui survient ; avec une pente qui, par simple logique de l'esprit obscurci, conduirait vers une nouvelle forme de despotisme (?)

      jf Monnet 03 et 04/10/2013

      


  • Commentaires

    1
    Aflore
    Samedi 5 Octobre 2013 à 13:29

    Reperé à 4:54 et 5:08 et 5:46 ! Je me trompe ?

    Bise !

    2
    Samedi 5 Octobre 2013 à 17:22

                                                                     Chère AFlore, 


     


       Merci pour ta perspicacité ; en tant que peintre je crois en l'efficace instantanéité du regard ; si efficace que, paraît-il, une image subliminale peut nous toucher sans que nous ayons pris conscience de l'avoir vue ! C'est aussi cette lecture immédiate de l'image qui a donné l'idée à Bachelard d'une ''verticalité'' de l'art pictural, le rapprochant en cela de l'art poétique qui, selon lui, s’avère être d'essence comparable.


     


       Effectivement, en ce qui concerne le reportage télévisé mentionné dans cet article, un aperçu de mes œuvres exposées  apparaît par trois fois, le dernier étant un panorama complet des quatre œuvres  suspendues aux cimaises de l'immense église St Polycarpe de la Croix-Rousse :  


    A savoir dans l’ordre : Joseph d’Arimathie, La Prophétie du Banquet du Roi Balthazar, David et Ourias et enfin le tragique ‘’Soleil de Bashan’’. Ces trois dernières œuvres sont une façon moderne d’édicter la notion de Péché.


     


    J   e dois avouer que, lorsque Michel Durand, par un mail circulaire à tous les exposants, nous a avertis de ce reportage télévisé, je ne pensais pas y figurer en si bonne place !  (Et même pas y figurer du tout !)... 


     


       Comme pour la soutenance d'un mémoire de fin d’étude, ou d'une thèse, cette exposition à la BASA 2013 revêt pour moi le caractère d'un rite de passage : c'est la marque décisive de mon entrée dans la ‘’carrière artistique’’ ; j'entends par là le fait qu'une potentialité d'expression trouve légitimité à s'exprimer, pour ne pas dire ''devoir à s'exprimer''. (Le mot carrière est à comprendre plutôt comme ‘’réponse à une vocation’’, ou comme ‘’profession de foi’’). 


     


       J'ai de plus  conscience ''très fort'' que ces œuvres exposées sont dérangeantes : elles sont résolument figuratives et pleines d'une étrangeté qui, à certains égards, me dérange moi-même : mais c'est ainsi, et je ne saurais trop remercier Michel Durand de me donner l'occasion de les faire voir à un public. 


     


       Sans doute le cameraman et le journaliste ont-ils été sensibles à la part d'engagement, total, qui a permis à ces œuvres de voir le jour et de trouver place en cette fameuse biennale. Ce qui pourrait se résumer ainsi : La Muse télévisuelle m’a été favorable !  


     


       Certains savent que je crois en l’acte gracieux : or tout acte gracieux se réalise en dehors du champ clos de notre volonté !


     


                                                                         Bien à toi

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