• Il enseignait dans le désert

    Il enseignait dans le désert

    « Il enseignait dans le désert », détail ; technique mixte - jf Monnet février 2018

     

    « Il enseignait dans le désert ».

     

       Paroles à la signification évidente, au premier degré, …quoique, si nous essayons d'imaginer la scène, nous nous heurtons à l'aridité des lieux.

    Espace désertique, sans doute nécessaire au Christ pour affermir sa vocation messianique.

     

       Comme beaucoup de paroles de l'Évangile, cette expression peut comporter plusieurs sens : celui du désert intérieur, lieu ou l'on se perd ou bien endroit de vide et de silence. Et cela laisse deviner quelles sont les conditions nécessaires pour que la parole pénètre en nous.

     

     

    Il enseignait dans le désert

     « Il enseignait dans le désert », détail ; technique mixte - jf Monnet février 2018

      

       J'ai remis la main (et les yeux !) sur cette œuvre réalisée l'année dernière : c'est une œuvre faite avec les moyens les plus simples, pour ne pas dire grossiers : une planche de bois contreplaqué de format carré, de la gouache et de l'enduit, le tout traité avec une brosse à peindre et une spatule...

        Le bois transparaît largement à travers la couche plus ou moins épaisse d'enduit et de gouache. Des aplats triturés, avec une façon qui laisse voir le geste…

     

    Le geste est à l’immobilité ce que la parole est au silence ; la prière peut être dansée, gestuelle…


  • Commentaires

    1
    Lundi 2 Septembre à 15:54
    christofor

    L'évocation la plus évidente est celle d'un désert montagneux d'un blanc éblouissant, maculé de larges chemins sombres menant à l'impasse ou au précipice.

    La ligne de crête sera le chemin étroit ascendant, dont on ne se détourne ni à droite, ni à gauche sans risques ni domages, vers l'horizon bleu céleste voilé* des mystères cachés attrayants de l'Epouse spirituelle du Christ.

    Le rougeâtre inférieur évoque le premier Adam "terreux, rouge", signification hébraïque de son nom. L'homme dans sa dimension terrestre et émotionnelle initié aux choses de l'Esprit éternel par le souffle divin mais gisant là poussière pour avoir suivit les conseils matérialistes et temporel du tentateur.

    Pour passer d'une nature à l'autre, du terrestre au céleste sans s'égarer il faudra passer par le chemin étroit qui mène à la Vie et que peu connaissent encore en vérité...

    (*) Numphê, épouse dans la langue de l'Apocalypse de Jean, signifie litéralement "celle qui porte le voile nuptial" d'où le rapprochement avec le ciel voilé. Paradoxalement à la fin de l'Apocalypse qui signifie "découvrement, révélation, dévoilement" on lit "Et l'Esprit et l'Epouse* disent "viens !", et que celui qui entende disent "viens !" et que celui qui a soif qu'il vienne aussi et que celui qui le veut prenne de l'eau de la vie gratuitement". Cette Epouse*, la Nouvelle Jérusalem, la ville de la paix de Dieu avec les hommes fait ainsi écho avec la bien aimée du Cantique des Cantique qui dévoile enfin son corps à son époux.

     

      • jeffpm
        Lundi 2 Septembre à 16:59

        Et cette Nymphe, au corps fluide, insaisissable comme l'air céleste et l'eau qui reflète tout ce à quoi elle fait face, habite peut-être aussi l'image de Fabio (Venise) ...

        Merci Christophe pour tes commentaires toujours profonds... et instructifs !

    2
    Lundi 2 Septembre à 17:34

    Christophe : J'ai oublié de te dire que tu as parfaitement saisi le sens de l'utilisation du brun rougeâtre !

      • christofor
        Mardi 3 Septembre à 10:53

        Quand l'esprit du lecteur de l’œuvre saisi l'intention de l'auteur que désirer de plus ? Le logos et le kairos sont les meilleurs amis de l'âme artiste.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :