• Jonas sous le ricin, avec icône du Dieu masculin-féminin

    ''Engeance de vipère'' et djihad rimbaldien  (''Le sang séché fume sur ma face'').

     

    Jonas sous le ricin, avec icône du Dieu masculin-féminin

        jf Monnet - dessin au feutre, stylo et Posca sur papier Canson (50x65 cm). *

    ...qui pourrait s'intituler ''Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face''

      

       Les textes de ce jour, parmi les plus beaux de l'année sainte, donnent la parole aux prophètes de la façon la plus énergique qui soit :

    ''Engeance de vipères''  s'exclame Jean-le- Baptiste... Oui, malheureusement nos sociétés, nous-mêmes parfois reconnaissons-le, serions prêts à re-crucifier le Christ !

    Evangile selon St Matthieu -chap. 3, versets 7-12 :

      7.Comme il voyait beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venir à son baptême, il leur dit: "Engeance de vipères, qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère qui vient?
    8. Produisez donc du fruit qui témoigne de votre conversion;
    9. et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes: Nous avons pour père Abraham. Car je vous le dis, des pierres que voici, Dieu peut susciter des enfants à Abraham.
    10. Déjà la hache est prête à attaquer la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu.
    11. "Moi, je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion; mais celui qui vient après moi est plus fort que moi: je ne suis pas digne de lui ôter ses sandales; lui, il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
    12. Il a sa pelle à vanner à la main, il va nettoyer son aire et recueillir son blé dans le grenier; mais la bale, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas."

      

    Jonas sous le ricin... ''mon coeur est triste à en mourir'' ... cette parole d'un autre Prophète, (non cité aujourd'hui) est le fruit de la lucidité. Ce matin j'ai médité douloureusement sur la pseudo-laïcité de notre société en laquelle...

                  ...la part spirituelle de l'être est déniée voire martyrisée (et la jeunesse crève de ''faim'' , qui porte des têtes de mort sur ses tee-shirts, qui arbore des crânes sur son poitrail ; comment ne serais-je pas sensible à ces images ?  Les symboles ne sont jamais neutres !).

                  ...la part féminine de l'homme réprimée : sans commentaire.

                  ...l'union teilhardienne entre art et science réprouvée, incomprise. Que l'on mette une pincée d'esprit chamanique dans notre soupe rationnelle !

     

    De cette méditation est née cette image intitulée : ''Jonas sous le ricin, avec l'icône du Dieu masculin-féminin''. Image qui n'a rien de serein et qui, au contraire, témoigne d'un combat. (voir ci-dessus).

    D'ailleurs ce thème de l'amertume de Jonas  m'est cher et je l'ai déjà travaillé plusieurs fois :

      Jonas sous le ricin, avec icône du Dieu masculin-féminin

    ''Jonas sous le ricin'' - Peinture  présentée à une précédente BASA dans la série ''Fils et filles humiliés d'Israël''.*

      

                                  J'aime la tristesse encolérée de Jonas !

                                  S'il doit y avoir ''djihad'' c'est bien contre nous-même ! Car toujours

     le pharisien et l'auto-suffisant veillent en nous.

      

       A propos de djihad : rappelons-nous ces vers de Rimbaud, à l'excellence mystique toujours méconnue :

    ''Oui, l'heure nouvelle est au moins très sévère... /...
            Il faut être absolument moderne. Point de cantiques : tenir le pas gagné. Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau !... Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
         Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes...''

    Arthur Rimbaud, Avril-août, 1873 - extrait du recueil ''Une saison en Enfer''

      

    Voici  donc le ''djihad rimbaldien'' ! Preuve, si besoin est que la poésie, bien qu'elle puisse prendre l'accent franciscain, n'est pas faite de chants de petits oiseaux ; qu'en bref, elle n'est pas faite pour les c. molles...

                                                               -----------------------------------  

     

    Je terminerai  cet article plein de remous par une image plus apaisée :

    Jonas sous le ricin, avec icône du Dieu masculin-féminin

    ''Un rameau sortira de la souche de Jessé''  ; phrase qui dit l'espérance biblique -

    jf Monnet aquarelle et gouache.

     

      jf Monnet, publicain de son état (comme Zachée) ; dimanche  le 08/12/2013

     

     PS : ...Et donc deux oeuvres (*) de plus à mettre au compte de ce que j'aime appeler ''mon art dégénéré'' !...


  • Commentaires

    1
    Mardi 31 Décembre 2013 à 17:13
    christofor

    Les deux tableaux forment un contraste saisissant.

    Les ténèbres sur Jonas et son affliction se lisent : on voit le mouvement décomposé du visage vers le bas qui se confond avec le pied de ricin (plante purgative à petite dose toxique à dose plus forte !). Le ricin est rongé par un ver, Jonas déprime puis tombe en défaillance, il réclame la mort : le jugement prêché sur la ville cruelle est arrêté par le jeûne, signe de son repentir.

    Le rameau de la souche de Jessé qui s'élève fragile aux feuilles couleurs de flamme sur la toile deviendra un olivier vigoureux spirituel : le Christ. Le neuf sort du vieux contre toute attente (La résurrection),ce, pour ne plus jamais mourir. Il dispose même de l'immortalité en faveur de ceux qui croient en Lui ! L'esprit invisible est bien "matérialisé" par cette ligne continue sinueuse blanche sur fond blanc.

    Deux esprits, deux destinées, les deux rameaux venus de deux manières semblables ont connu des fins toutes différentes. L'un a suivi le chemin de la Loi et de la matière temporelle l'autre celui de la Grâce et de l'Esprit.

    Le livre de Jonas ne le dit pas mais il s'est sans doute converti considérant la Grâce préférable au Jugement. Sans quoi un bon livre ne nous serait point parvenu.

    C F

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