• La Fausse Aporie du Volcan Fuego

    Poème dédié à la mémoire de Jaime Diaz-Rozzotto.

    La Fausse Aporie du Volcan Fuego

    Quetzalcóatl à Pompéi- dessin jf Monnet

     

     

    La fausse aporie du Volcan Fuego

     

    Le volcan Fuego qui aimait le feu ardent 

    Comme une violence  et tout ce qui se crache,

    Aimait cependant sa grâce  non comme une excitation

    Mais comme une promesse de sérénité

     

    La mémoire du volcan de feu est plus stable,

    Plus installée que la mémoire des œillets

    Qui parfois poussent au bas de ses pentes

     

    Ceux-ci, colonisateurs de l’élégance, propagent

    L’inquiétude au gré des vents

    Et le souci que les étoiles puissent mourir

    Comme le regard fauche le regain,

    Comme les nuages de cendre propagent le silence de la mort

    Au sein des paroisses humaines

     

    La Fausse Aporie du Volcan Fuego

     

     

    Lui a connu le vagissement de Quetzalcóatl,

    Il a vu en songe la forme de l’oiseau mythique

    Et merveilleux comme l’azur peut l’être

    Et ce, dans son enfance-même, ainsi que sa nature de serpent

    Lovée autour du nid de ses caprices.

    Les coups des fusils espagnols le firent se moquer

    De tant de débilité.*

     

    Aujourd’hui,

    Pris de spasmes effrayants,

    Il éructe une nouvelle fois

    Ses humeurs telluriques,

    Et boute les forêts avec le bouclier

    De ses ardentes nuées.

     

    Les hommes le croient encore fils du Dieu

    Qu’ils créèrent, assimilant leurs entrailles

    A celles de la Terre,

    Celui qui laisse ses fils être disputés

    Par le Hasard et la divine Providence

     

    La Fausse Aporie du Volcan Fuego

    Le Quetzal, oiseau mythique de la culture sud-amérindienne

     

     

    Et, pour autant que les poissons existant au Conseil du Grand Fleuve

    Mordent à l’hameçon cardiaque,

    Pour autant que les incendies des maisons humaines

    Ne sont pour lui que des chandelles,

     

    Est-ce là  l’effet de temps circulaires

                                                                     ou de telles illusions,

    De réincarnations et de  familiarités

                                                                        semblables aux tics mnémoniques

    Qui gouttent en la clepsydre divine ? …

     

    …Il mesure à quel point, sous les horizons des temps,

    Les choses sont inégalement réparties,

    Géantes ou lilliputiennes…

     

    *au sens d’impuissance, de petitesse – et non de déficience psychique.


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