• LA TUNIQUE ALLEGORIQUE DU ''BAISER''

    L'Amour demeurera-t-il sans dévoilement ? (à propos d'une image de Klimt)

    Cette image de Gustav KLIMT est maintenant tellement diffusée qu'elle est, bien malheureusement, entachée de vulgarité. Je me suis interrogé sur ce qui malgré tout la rendait si fascinante, faisant d'elle la victime de son succès.

    Le texte qui suit a été composé à partir du souvenir que je gardais de l'oeuvre ; ce n'en est donc pas une description exacte (bien au contraire : je me rends compte que j'avais gardé en mémoire des motifs décoratifs émanant d'autres oeuvres de Klimt), mais une image mentale.

      

     

    La tunique allégorique

    Gustav KLIMT - Le Baiser (1908/1909)

     

     Les yeux de paon sont logés aux enluminures de la géométrie.

     La draperie qui les embrasse et les fait se lover, épouse la vie simple d'un geste, d'un geste large, d'un geste élargi.

      

      

    Elle est tunique qui les regroupe ; tunique qui prend  la stature d'être quelqu'un, comme une personne qui les envelopperait.

    L'étreinte des amants fascine : l'un pour l'autre ils sont présence et proximité presqu'infinie. Ce baiser trouve son miroir en nous, ''au plus ancien de nous*'' peut-être.

    (Alors Narcisse se noie, l'Ange de l'Orgueil chute...)

      

      

    Ce vêtement de leur assoupissement est une alcôve qui elle-même, à force de protéger leur nudité réciproque et de préserver leur intimité, s'oublie elle-même. Ce drapé de  recouvrement, dont nul coin ne saurait être présentement soulevé, oublie qu'il peut lui-même être regardé, dans sa magnificence.

    Cette couverture mirifique ,  ruisselle, instantanée comme le regard et éternelle comme l'oeuvre peinte : ici se considère la métaphore de toute oeuvre qui participe à l'être ; elle devient Allégorie !

      

      

    Que découvre-t-elle ? L'endroit charnel de l'amour est comme éclipsé, caché, comme le sont les choses emboîtées d'une Genèse. Seuls se voient les visages, les corps se laissent imaginer. Elle  découvre le trio de deux personnes et de ce qui les unit...

    Ce drapé  auquel l'on pourrait faire correspondre les vertu et qualité de beauté très neuve et très ancienne, cette tunique d'apparat,

    est une allégorie de l'Amour.

      

       jf Monnet 31/12/2014, vous souhaitant par la même occasion mes meilleurs voeux pour la nouvelle année.

      

     *  expression empruntée à Fernando Pessoa célèbre poète portugais du 20° siècle.

     

     

    La tunique allégorique

    Ange de la Décadence (Lucifer ou Chute de l'Ange) - 

    Encres et acrylique sur page jaune (de l'annuaire) -30/12/2014- jf Monnet

      

      LA TUNIQUE ALLEGORIQUE

    Eve et Adam  (Femme et homme accroupis) -

    Encres et acrylique sur page jaune -30/12/2014- jf Monnet

     

     

    La tunique allégorique

    Le Vieillard Syméon et Présentation de l'Enfant au Temple (détail)- Aquarelle et encre - jf Monnet 29/12/14

    Une autre façon de représenter l'enveloppement de l'Amour, Amour majuscule reconnu par un Vieillard presqu'aveugle et dont la chandelle arrive à son terme de façon heureuse puiqu'une autre Lumière l'illumine.

      

    Le bleu et le rouge y côtoient le blanc, espace de respiration voire de souffle, de liberté et de pureté : je me suis dit en composant cette image que ces trois teintes ne pouvaient pas ne pas évoquer la France ; sur le coup cela m'a gêné mais néanmoins ces couleurs s'imposaient  ; m'en rendant compte, je n'ai pas voulu les censurer en tant que telles.

    Pourquoi celle-ci, ma patrie, ne se souvient-elle pas qu'elle fut nommée ''Fille aînée de l'Eglise'' ? Serait-ce une honte à ce point ? Si c'est le cas j'ai à prendre ma part de cette honte et faire ce que faisaient les Anciens au jour de leur humiliation : ''que l'on m'apporte un sac de cendre que je me le répande sur la tête !''.


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