• RENVERSANTE, LA BEAUTE SELON BASELITZ

    La question de Luce sur un monde à l'envers.

     LA BEAUTE SELON BASELITZ

    Peinture de Baselitz. 

    Non. Le chapeau de cet article est un peu exagéré : Luce ne s'est pas interrogée sur un monde, le nôtre, qui lui semblerait être à l'envers ! 

    Voici la question qu'un jour elle me posa, presqu'un peu gênée, alors que nous venions de discuter nuances de couleurs, composition etc. devant l'une de ses grandes aquarelles (je reprends, de mémoire ses propos que voici, sinon dans leur exactitude, du moins en substance) :                      ''Il y a quelque chose qui m'intrigue (mais dans sa bouche cela voulait presque dire : ''qui me choque'') : comment peut-on faire en sorte de trouver beau quelque chose de laid, quelque chose qui nous apparaît comme disharmonieux ? ''.                                                                              Elle faisait allusion à un certain art contemporain. Effectivement, l'objectivement laid semble, dans le registre de l'art contemporain, s'élever au rang de ce qui mérite d'être regardé, de ce qui vaut vraiment d'être regardé.

     

    Mais revenons au point de départ de cet article : ce fut le fait que je pensai, par association d'idées à la lecture d'une revue d'art, à une peinture du peintre contemporain Baselitz que j'avais vue à Beaubourg.                                                                                                                       Je cherchai alors des images d'oeuvres de Baselitz ; elles me plurent, et même me réconfortèrent puisqu'elles rejoignaient certains aspects de ma démarche artistique.

     

    LA BEAUTE SELON BASELITZ, RENVERSANTE BEAUTE 

    ''Les demoiselle d’Olmo II'' – Georg Baselitz – Centre Pompidou.

     

    Par ces images, je tombais sur -ou plutôt DANS- un monde à l'envers ! En effet si, au premier regard, ces images se lisaient comme des abstractions, l'on comprenait vite qu'il s'agissait en fait d'images renversées ; et les retourner, mentalement ou réellement, mettait en face d'une représentation dérangeante, par certains égards disharmonieuse.

    Ce renversement tuait le joli ; l'esthétique se trouvait mise à mal ; mais le sortilège baselitzien opérait quand même ; et retournant à nouveau l'image, l'on entrevoyait l'inverse d'un état disharmonieux, qui se métamorphosait en une sorte de beauté plus abstraite.

     LA BEAUTE SELON BASELITZ

    Peinture de Baselitz.

    Tout se passait comme si cette image avait, pour le premier regard, un sens crypté ; dont l'élucidation conduisait à refuser l'esthétique comme une partie extérieure à soi, au Je, à la personne ; comme si le regard avait été dérouté, et peut-être même en quelque sorte humilié, pour que se découvre un aspect caché de cette réalité étrange.

    Etrangeté, maître mot... Pour le spectateur, rien n'est plus aussi simple qu'avant les révolutions picturales du siècle précédent... Monsieur Ingres a vécu en quelque sorte, si vous voulez bien me passer l'expression. L'Art ne peut plus faire l'économie de l'histoire personnelle de l'artiste, du contexte de sa vie et du développement de celle-ci ; il ne peut plus, et c'est bien là la difficulté, à commencer pour l'artiste lui-même, se résumer à reproduire les canons d'une esthétique iconographique.

     

    LA BEAUTE SELON BASELITZ

     Peinture de Baselitz.

    Dans cette perspective, où l'horizon s'inverse --tel l'horizon ''baselitzien'' -- j'irais jusqu'à dire que, a contrario, l'esthétique devient un enfer ! Désormais, Laideur et Beauté ont partie liée : mais ceci n'est-il pas à l'image de l'homme, à l'image de son âme ? (L'homme ... qui, comme il est dit dans le Livre, est lui même est à l'image de ...).

    J'entends l'esthétique au sens où elle menace une oeuvre d'appartenir au nouvel art pompier ; où elle reste corsetée par un académisme ou un néo-académisme ; où elle se présente comme trop soucieuse de s'inscrire dans un mouvement artistique.

    A ce titre, dans cet autre domaine qu'est la danse, l'on peut très bien se rendre compte de ce qu'est une oeuvre authentique, en regardant une séquence de danse réalisée par Pina Bausch et sa compagnie.

    RENVERSANTE, LA BEAUTE SELON BASELITZ

    Un spectacle de Pina BAUSCH.

      

      

    ‘’ Si le poète doit choisir dans les choses (et il le doit), ce n'est pas le beau, mais le caractéristique’’  a dit Victor Hugo.                                                                                                      Et, avec Baselitz, le Laid, le Disharmonieux penche du côté du caractéristique... sans renier le Beau.

     LA BEAUTE SELON BASELITZ

    Peinture de Baselitz.

     

    Le Laid à l'inverse du Beau ? ... Pour répondre à Luce je dirais qu'en art ce n'est plus possible, que ce n'est plus le problème !                                                                                                  Picasso, Basquiat, Soutine, Baselitz, de Kooning et d'autres sont passés par là, j'entends par les voies de l'Art dans ce qu'il a de véritablement pionnier, voies tracées parmi les ornières que furent les temps troublés du 20°  siècle.

     jf Monnet, 25 et 28/12/2012

      

     LA BEAUTE SELON BASELITZ

     Peinture de Baselitz.

     

    RENVERSANTE, LA BEAUTE SELON BASELITZ

    Pina BAUSCH

     

     

     RENVERSANTE, LA BEAUTE SELON BASELITZ

     ''Femme'' (''Woman'') - peinture de William de KOONING.

     

     

     RENVERSANTE, LA BEAUTE SELON BASELITZ

     ''La Promeneuse, corps et âme'' (détail) - technique mixte - jf Monnet, février 2012.


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