• UNE IMAGE POUR LE VENDREDI SAINT

     

    La tunique de lin sans couture

    UNE IMAGE POUR LE VENDREDI SAINT

    ''La Tunique de Lin sans couture'' -- technique mixte - jf Monnet les 22 et 23/03/2013.

    Selon le livre de l’Exode : la tunique de lin du grand prêtre doit être tissée tout entière d'une seule pièce. Elle devra comporter un trou pour la tête avec un rebord. Ce sera travail de tisserand et non pas de rapiéçage. Ainsi elle ne pourra pas se déchirer.

    C’est sur ce modèle que  sont les vêtements de sainteté d'Aaron le prêtre

    et les vêtements de ses fils, vêtements tissés tout d'une pièce,

    et sans couture.

      

    Il en va de même de la robe du Christ que les Evangiles disent

    avoir été tirée au sort par les soldats romains juste après la Crucifixion (Jean, 19, 23-24).

      

      

     

    De ce pauvre morceau de toile qui trainait par terre, à la trame grossière et usée, sur lequel j'avais essuyé mes pinceaux, versé des résidus de palette ..., il m'a pris soudain de faire quelque chose, agenouillé à même le sol, sans prendre le temps de le dresser sur un support. Ce fut ma prière spontanée de vendredi dernier, et je pensai à nommer ce qui fut produit ''Vendredi Saint'' avant de le rebaptiser ''La Tunique de Lin sans couture''.

    Je me fis la réflexion que ce vêtement du Christ aurait pu lui servir de linceul, au temps pascal, et qu'il y avait un rapport, certes lointain, mais un rapport tout de même avec le Suaire porteur de l'image sainte du Visage. Soit, par l'intermédiaire de ce tissu, plus symbole que matière, un troublant raccourci entre le Corps et le Visage...

    Et je cherchai alors à deviner la trace d'un visage, posée à mon insu, sur cette peinture brossée sans façon.

     

    jf Monnet, le 29/03/2013

      


  • Commentaires

    1
    Mardi 27 Août 2013 à 11:46
    christofor

    Le fait de ne pas voir de visage mais un tumulte vagues noires, blanches et des filets rouges sied en fait à cette peinture : Esaïe (chapitre 53) qui prophétise la Passion du Christ nous dit qu'il était défiguré, "semblable à celui dont on détourne le visage". Les passants ne voulaient pas y voir le visage d'un homme, et s'il l'avaient vu ils détournaient la tête s'efforçant de l'oublier.

    Les soldats romains n'y sont pas allés de main morte, il avaient sous leurs coups un exutoire pour leur haine réciproque de celle des juifs ; violents, méprisants et méprisés ils se vengeaient ignorant tout de l'innocent qui leur était livré.

    C'est la folie de la Croix : Les hommes se croyants sages par eux-mêmes sont devenus fous, obligeant Dieu à parler leur langage pour leur montrer ce qu'ils sont. Ainsi Dieu a donné comme moyen de salut la pire éventualité quant à l'envoyé du Père : le sacrifice expiatoire du bienfaiteur. Celui-ci ne pouvait que ressusciter le troisième jour.

    Christophe

    2
    Mardi 27 Août 2013 à 12:24

    Christophe,


    en plein moi d'août ton commentaire, que j'aime surtout dans ces mots de ''tumulute (de) vagues noires et des filets rouges'', paradoxalement me rafraîchit dans la mesure où il me rattache à des choses essentielles, de celles que l'on aborde au temps pascal et qui ont ensuite tendance à se diluer dans notre pensée.


    Etrangement je n'avais pas poussé -(mais il faut dire que j'y étais peu encllin, ne cherchant justement pas à ''m'expliquer'' ma peinture au moment où je l'ai faite : comme je le dis ci-dessus, celle-ci était plutôt une prière, or doit-on ''s'expliquer'' sa propre prière ?)- l'analyse jusqu'à ce que tu dis en regardant l'oeuvre avec recul et lucidité et aussi la passant au crible de ta connaissance des textes, à savoir y discerner le Visage Défiguré : maintenant que tu l'as décrypté pour moi, ce me semble une évidence ; ce tissu effrangé dès le départ était aussi et peut-être avant tout un visage défiguré.


    Merci donc pour ce commentaire.


     

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