Textes et peintures de J.F. Monnet
Par jeffpm
Dessin d'axolotl au crayon de papier, par Anne-Flore- le 22-12-19
L'axolotl, la salamandre mexicaine ; être sans couleur, d'aspect embryonnaire, muni de ses branchies de têtard, habitant les grottes sans lumière aucune.
Les Aztèques l'appelèrent en leur langue ''axolotl'' ce qui signifie ''chien d'eau'', peut-être à cause de ses quatre pattes d'amphibien, quoiqu'il n'ait pas eu l'air bien méchant...
Sans doute le vénérèrent-ils, selon l'esprit animiste propre à la pensée magique, lui qui vivait dans les eaux utérines de la Terre, lui qui flottait dans les profondeurs obscures, gardien de quelques enfers ou séjour des morts, posté devant quelque porte d'accès au royaume d'un dieu tellurique et qui sait, échangeant peut-être ses intuitions avec Quetzalcoatl ?
Notre salamandre à nous, rayée de flammes jaunes, selon les croyances de notre pays, n'avait-elle pas la vertu de traverser les flammes ?
Je dédie le poème qui suit, à Anne-Flore qui m'a demandé de l'écrire, et à Jaime Diaz-Rozzotto écrivain et poète guatémaltèque, fin connaisseur du Popol Vuh, le ''Livre du Conseil'', texte mythologique qui est la bible de la civilisation maya.
La vie s’écoule, teintée d’ombres, dans les nacres de la grotte.
L’amphibien
Ne parcourt le monde du silence
Qu’en tendant le flambeau de ses branchies.
Sa paupière translucide
Ignore les vieilles femmes, les pleines lunes, les légendes,
Les dieux mâles et les rois qui inventèrent la lumière et l’éclat.
Il risque un bâillement, une parole,
Et qui l’observerait, clignant de l’œil
Pourrait voir sortir de sa bouche
La bulle cristalline de quelque animale spéculation.
Pour sûr, celui-ci serait chaman
Tant qu’il se tiendrait devant ce lac nocturne,
Face au goutte à goutte des stalactites.
Mais sitôt que rejoignant l’air libre
Il redeviendrait homme, grevé de ses jours.
Dessin d'axolotl, crayon de papier - jf Monnet 22-12-19
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