Textes et peintures de J.F. Monnet
Par jeffpm
Comment aurait-il pu se faire que ceux qui revendiquent une destination finale pour ta dépouille puissent oublier l'Homme aux Semelles de Vent ?
Laver le péché d'horreur qu'aurait été ta panthéonisation, tragique pantalonnade... Cérémonie qui aurait fait finalement honte à la République au sens où elle aurait semblé incapable de reconnaître ce qui par essence lui échappe. Pourtant Dieu sait que toi, Rimbaud, l'incérémonieux, l'avait le sens du tragique : nombre de tes vers en font foi !
Cette nouvelle n'est pas tant heureuse qu'attendue, attendue avec une poétique ferveur ! (Je dirais bien ''logiquement attendue'', mais l'adverbe ne colle décidemment pas avec l'art de son écriture). Comment imaginer ce poète, qui fit l'éloge des gens de 17 ans sur le mode du 'pas sérieux', engoncé dans cette chape d'honneur pour laquelle, sûr, il aurait de son vivant -s'il avait imaginé telle fatalité- eu des formules saignantes !
Laissons à Psyché ses ailes de papillon, à Kairos sa mèche et son art de la circonstance heureuse, à Mercure ses chevilles ailées qui vont lui permettre par vent favorable et vent contraire d'assurer son rôle de divin messager ; Appelons aussi, pour compléter cette aérienne assemblée, un Chérubin d'Eglise : tous ceux là sont à ton chevet, et cela te suffit !
Oui, Arthur, bien que tu t'en sois éloigné comme avec entêtement toute ta vie, tu reposes dans le lieu familial ; cet endroit auréole de ton souvenir ceux qui viennent s'y recueillir, mais c'est un lieu anonyme, silencieux, qui aurait pu être n'importe où ailleurs en France, la terre de ta langue maternelle, vraie matrice et véritable panthéon de ton œuvre.
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