Textes et peintures de J.F. Monnet
Par jeffpm
Quetzalcóatl à Pompéi- dessin jf Monnet
La fausse aporie du Volcan Fuego
Le volcan Fuego qui aimait le feu ardent
Comme une violence et tout ce qui se crache,
Aimait cependant sa grâce non comme une excitation
Mais comme une promesse de sérénité
La mémoire du volcan de feu est plus stable,
Plus installée que la mémoire des œillets
Qui parfois poussent au bas de ses pentes
Ceux-ci, colonisateurs de l’élégance, propagent
L’inquiétude au gré des vents
Et le souci que les étoiles puissent mourir
Comme le regard fauche le regain,
Comme les nuages de cendre propagent le silence de la mort
Au sein des paroisses humaines
Lui a connu le vagissement de Quetzalcóatl,
Il a vu en songe la forme de l’oiseau mythique
Et merveilleux comme l’azur peut l’être
Et ce, dans son enfance-même, ainsi que sa nature de serpent
Lovée autour du nid de ses caprices.
Les coups des fusils espagnols le firent se moquer
De tant de débilité.*
Aujourd’hui,
Pris de spasmes effrayants,
Il éructe une nouvelle fois
Ses humeurs telluriques,
Et boute les forêts avec le bouclier
De ses ardentes nuées.
Les hommes le croient encore fils du Dieu
Qu’ils créèrent, assimilant leurs entrailles
A celles de la Terre,
Celui qui laisse ses fils être disputés
Par le Hasard et la divine Providence
Le Quetzal, oiseau mythique de la culture sud-amérindienne
Et, pour autant que les poissons existant au Conseil du Grand Fleuve
Mordent à l’hameçon cardiaque,
Pour autant que les incendies des maisons humaines
Ne sont pour lui que des chandelles,
Est-ce là l’effet de temps circulaires
ou de telles illusions,
De réincarnations et de familiarités
semblables aux tics mnémoniques
Qui gouttent en la clepsydre divine ? …
…Il mesure à quel point, sous les horizons des temps,
Les choses sont inégalement réparties,
Géantes ou lilliputiennes…
*au sens d’impuissance, de petitesse – et non de déficience psychique.
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