Textes et peintures de J.F. Monnet
Par jeffpm
Street Art - Collage réalisé par Elodie H. et Jean T. sur un panneau publicitaire
dans une rue de Bruxelles- Début juillet 2016*
Synopsis /
- Rencontre par hasard de Jean et Elodie oeuvrant dans un quartier de Paris (coïncidence ? à 300 m du Bataclan).
- échange avec ces deux artistes de rue venus avec tout leur matériel et s'affairant toute le jounée dans le quartier.
- leur création m'inspire un poème : ''le sourire de la femme-mouchoir'' - envoi du poème à Elodie et Jean.
- Elodie me répond qu'ils s'en inspireront à leur tour lors d'un prochain 'happening' artistique citadin.
- aujourd'hui je reçois ces deux photos (*) qu'ils m'envoient pour rendre compte de leur travail artistique à Bruxelles début juillet.
- les circonstances de ce jour maudit me font me souvenir de la parole de Kafka « Ecrire, c’est sortir du rang des assassins » ; aussi décidé-je de parler 'd'attentat artistique' dans le chapeau de cet article, me disant que la phrase de Kafka vaut pour tout acte artistique... en particulier pour cette expression (car c'est en fait le passage à l'acte d'expression qui est l'exutoire de la violence) très spontanée qu'est le Street Art.
- cette expression spontanée, intuitive et un rien philosophique me plaît et je les encourage vivement à continuer leur oeuvre faite de créations éphémères.
Une partie de l'oeuvre qui inspira le poème
Elodie et Jean en pleine création à Paris
Zoom sur la partie comportant le poème - Celui-ci apparaît deux fois dans leur oeuvre bruxelloise.*
(NB: Elodie en a légèrement modifié la fin du dernier vers).
VERSION ORIGINALE DU POEME :
Le sourire de la femme-mouchoir (dédié à Elodie H.)
Girl in Paris
Bagnoles frôlant l’argile des trottoirs
Qui s’élève au centre
Sinon l’idole élancée comme un sang
Une idée du gris peut-être
Mais vois la voûte à demi
Sourire de la femme-mouchoir
Puisqu’aucune chose noire
Ne pèse
Sur le front
D’Elodie !
La femme-mouchoir a quelque chose d'éploré. Jour de deuil. Je pense à l'office célébré ces heures dernières à Saint Réparate de Nice.
Etrangement je me suis réinterressé récemment à ma ville natale, Dole ; le nom même de Dole évoque soit l'indolence soit le deuil (racine étymologique : 'dol' que l'on trouve dans 'condoléances' par exemple). La collégiale de Dole, comme Sainte Réparate de Nice, trône sur le mont au pied duquel tournoie l'essaim des ruelles de la cité médiévale.
Je pense à ces âmes défuntes, innocentes et assassinées, réunies et portées dans la prière d'une assemblée qui trouve refuge dans l'édifice religieux.
Celui-ci évoque donc la prière. Il est une sorte de matrice de pierre pour le recueillement et la spiritualité. Il surgit, dépasse et se fait voir de loin. L'apercevoir c'est (peut-être) déjà prier ...
Dole, la collégiale vue depuis le port de plaisance -
Peinture à l'huile sur fond à l'acrylique- jf Monnet juillet 2016
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