Textes et peintures de J.F. Monnet
Par jeffpm
Il se tord dans un pré que la canicule a transformé en paillasson.
A quelques mètres, un autre arbre lève ses branches haut pour que son pied soit protégé d’ombre comme Jonas par celle du ricin.
Et il y a les branches de celui sous lequel je suis assis.
Le talus aux herbes sauvages ; peinture acrylique sur carton - jf Monnet, juillet 2017.
Dans ce coin de paysage, derrière moi, il y a un talus avec des herbes sauvages qui sont fleuries en cette saison ; Elles jettent, dans un parfum doux-amer, leur ciel étoilé et poussiéreux par là, aux alentours.
Dessin sur papier toilé - jf Monnet, août 2018
L'arbre à l'écorce blanche frémit. L’ombre, et un petit effet de contre-jour me le rendent intéressant ; aussi ai-je pris le parti de dessiner, chose qui ne m’arrive pas souvent (il me semble qu’ainsi je saisirai de façon plus aiguë son frémissement).
Avec un simple porte-mine, le dessin pourra être précis et rendre compte de ses cicatrices comme autant de faits d’armes aux campagnes des saisons.
Dessin au stylo sur carnet - jf Monnet août 2018
Il me demande des comptes : "Comment m’as-tu portraituré ? ... Avec ton crayon as-tu ouvert ma balafre où coule une encre de miel ?... As-tu libéré mon moindre feuillage, qu’il s’envole de ta cage de papier ?"
Aussi me sens-je dans l'obligation de m’excuser :
"Pardonne-moi, arbre dont les sèves calment et guérissent aux dires de certains, arbre sacré arborant les blancheurs de la mort pour d’autres, peut-être les mêmes..."
Et encore : "Tu attendais patient, sans indifférence.
La candeur de ton sang teintait le ciel brûlant et la peau de ton branchage y suscitait des flots,
Tes éraflures aux noires verrues étaient comme l'écume sur le cuir d’un canot :
Je t’ai regardé ; près de toi j’ai voyagé."
Photo jf Monnet-août 2018
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