Textes et peintures de J.F. Monnet
Par jeffpm
Au premier plan le toit-terrasse du petit Casino, et, au second, le quartier qu'il irrigue de ses bienfaits ; vue depuis l'immeuble le plus proche - Aquarelle, jf Monnet, octobre 2023
Le petit Casino a retrouvé raison.
Logé au coin de la rue, entre immeuble et modeste boulangerie, il retrouve sa raison d'être, l'évolution des choses confirmant pleinement celle-ci.
Comme le chien sans maître, comme le musicien sans partition, il ne comprenait plus ce qu'il était. Il retrouve ses esprits, ses origines...
Il faut dire que sa conception remontait à la toute fin du XIX° siècle (1898), sous la gouverne d'un certain Geoffroy Guichard et de son beau-frère Paul Perrachon. Ces deux hommes ont pour projet de développer une épicerie en la transformant en magasin généraliste...qui prendra le nom d'Etablissements Guichard-Perrachon puis de Casino.
L'initiative va connaître le succès et bientôt s'assimilera à ce que Zola décrit dans son roman ''Au bonheur des dames'', dans une société où émergent les grandes fortunes basées sur le capitalisme et leur cortège d'injustices sociales et de détresse des petits commerçants.
Mais les petits commerces et les petits Casino ont perduré (sans aucun doute pas de façon aussi vivace qu'il eût fallu ...) ; ils se sont incrustés dans les interstices, les coins de quartier de nos villes et bourgades... Une époque est révolue pour Casino et voici la tête de l'hydre décapitée, adjectif qui, si l'on y réfléchit, porte tout son pesant de capital.
Le ''petit Casino'' subsistera dans mon quartier, et c'est le mieux qui puisse être, car il est indispensable aux ''petites vieilles'' (soit dit avec affection) qui n'ont ni les moyens physiques de conduire une voiture, ni pour certaines les moyens d'en posséder une et de l'entretenir, ni la force de porter bien loin leur filet à provisions.
Même légende que ci-dessus- Dessin au crayon, jf Monnet, octobre 2023
La gérante de ce commerce s'appelle Nadine : il n'y a pas personne plus avenante, nous avons toujours une blague ou une remarque drôle à échanger.
Elle bosse Nadine, ne compte pas ses heures. Son voisin de toujours, le boulanger, va fermer boutique très bientôt ; elle râle un peu car c'est sur elle que va retomber le supplément de labeur avec les bûches et confiseries de Noël... Elle me montre l'armoire vitrée et réfrigérée qu'elle vient d'acquérir à cet effet.
Elle rouspète Nathalie ... mais, au fond (comme beaucoup d'autres Nadine), elle sait trop le service qu'elle rendra à ses clientes qui rappliquent à petits pas de toutes les rues et ruelles alentour, à l'occasion de ces fêtes qui closent et ponctuent l'année écoulée. Qu'elle est belle cette expression ''service de proximité'' !
La sieste - dessin, jf Monnet, octobre 2021
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