Textes et peintures de J.F. Monnet

Léopold Sédar Senghor
A l'occasion du dixième anniversaire de sa mort, une association culturelle bisontine organisait ce week-end un petit colloque qui réunissait un membre de sa famille et plusieurs conférenciers l'ayant côtoyé dans différentes occasions.
Des poèmes de L.S.Senghor furent lus, dans une écoute quasi religieuse de la part de l'auditoire.
Pendant les conférences je me suis laissé porter par certaines images et me suis mis à crayonner.
D'abord cette image, textuelle, de Senghor rythmant la déclamation de ses poèmes en présence de ses étudiants, en tapant de sa main de façon à bien marquer la cadence propre au texte, l'anneau de son doigt frappant le bois du pupitre.
Puis ces deux images, dessinées assez rapidement, deux modestes dessins...

Vie fériale au village (dessin original sur carnet - jf Monnet)

Elégie pour la Reine de Saba (dessin original sur carnet - jf Monnet)
...A ce dessin je joins le début d'un poème écrit il y a quelques années et dédié à une connaissance, intitulé ''Comme l'Orphée noir'' pour reprendre l'expression inventée par Jean-Paul Sartre et consignée dans la préface d'une anthologie de poésie dirigée par L.S. Senghor.
Ce poème, dans ses premières strophes fait justement allusion à la Reine de Saba, figure allégorique chantée par Senghor :
Noces à la manière du Dieu
Ravisseur éternel du feu
Qui est en la force vertueuse
Des forces
Acmé du verbe quand la vision
De la femme Noire,
De la reine sans vanité
Des sables éthiopiens
Et des étendues séculaires
S’unit à celle du louangeur,
Non pas seulement vision
Mais chair de la voix !
(Etc.)
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J'apprécie beaucoup le sens du Magnifique et du Sacré qui émane de la poésie de L.S. Senghor. Ce me semble être des invariants de la poésie universelle auxquels une certaine poésie contemporaine a parfois résolument décidé de tourner le dos.
Je terminerai par cet extrait d'un deuxième poème publié dans ''Poèmes de l'Africaine Souvenance'' (éditions L'Harmattan) pour partie dédié à L.Sédar Senghor et Aimé Césaire, ce qui n'échappat pas à Jean Métellus qui préfaça ce recueil.
Poème dédié à Léopold Sédar Senghor
Qu’a-t-il encore à me dire
Le sabar de Casamance
Par la corde subtile
De sa gorge profonde ?
Qu’a-t-elle encore à me dire
La harpe-luth, par son ventre de femme
A la mélodieuse aperture ?
Mon visage de seconde naissance
Celui dont les langes
Furent les pages des livres
Celui dont l’amnios
Fut une grammaire
N’est que par un sourire
Mais quel sourire !

Qu’ont-ils encore à me dire ?
Je ne sais ; Oui
Cette sonorité très intense
Du souvenir
De l’au-delà des âges
(Etc.)
Article composé le 29/01/2012
jf Monnet
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PS : A propos d'anthologie, permettez-moi d'exprimer ici ma satisfaction de voir publier trois de mes poèmes dans une anthologie de poésie moderne dédiée à l'Afrique. (cf. référence ci-dessous).
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Voici deux références sur L.S.Senghor, mais vous en trouverez bien d'autres sur le 'net' :
http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_S%C3%A9dar_Senghor
Concernant Jean Métellus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_M%C3%A9tellus
Et aussi la référence de l'Anthologie ci-dessus mentionnée, avec un extrait de la très belle préface par G. Okoundji :