Textes et peintures de J.F. Monnet
Par jeffpm

Peinture acrylique, jf Monnet- 2011.
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
"Le Pont Mirabeau"
Apollinaire, Alcools (1912)
En ce jour de la Joie-de-Jubilation, ne nous laissons pas trop griser par les accents empreints d'une gravité nostalgique de Guillaume Apollinaire ! Remarquons d'ailleurs que la date d'écriture de ce poème précède de deux années seulement le Grand Désastre du 20° siècle, dont presque toutes nos familles eurent à souffrir.
Ce qui me plait peut-être le plus dans ce poème est ce ''JE DEMEURE'', qui est un sentiment profond, existentiel, de l'être. Derrière se cache, discrète comme une foi qui ne s'avouerait pas, une forme d'espérance naturelle.
L'image ci-dessus n'est pas celle du Pont Mirabeau, mais l'on y voit bien la Seine couler, au petit jour, dessous les arches du Pont Neuf, or très ancien, et devant l'ombre de La Samaritaine.
Le Neuf et l'Ancien ... Ceci, par association d'idées, me fait penser à la parole de Saint Augustin sur la Beauté très neuve et très ancienne que lui-même découvrit ; Beauté qui, pour lui, ne pouvait que rimer avec Joie et Espérance.
jf Monnet , le 16 décembre 2012.
Pourrait-on, je vous le demande, remplacer dans le poème d'Apollinaire, le vie lente par la vie vraie, ou vive, et la violente espérance par la douce ?
A l'heure où le Christ rencontra la Samaritaine, il fit irruption dans l'instant, dans ''son'' instant, avec douceur et violence, vivacité (malgré sa fatigue) et vérité d'esprit.
Eloi Leclerc l'a qualifié de Maitre du désir ; j'adhère entièrement à cette formule. Mais, à l'encontre de la nostalgie du monde, n'est-il pas aussi le maître de l'instant, soit de son lntensité et aussi de son éternité ?
Un Christ à vous faire remonter tous les fleuves diu monde à leur source !
Article complété le 20 décembre 2012 - jf Monnet

La Samaritaine au puits, à l'heure du zénith. Gravure à l'eau-forte - jf Monnet.
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