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Textes et peintures de J.F. Monnet

LE COEUR BRULANT DE JEREMIE

Les textes du jour évoquent le Prophère Jérémie auquel j'ai déjà fait allusion en page 12 de ce blog- J'en reprends les éléments ci-dessous.

JEREMIE  SEDUIT ET PORTANT LE JOUG

Technique mixte sur carton -


Les Fils Humiliés d'Israël

 

Etude pour "Jérémie" - technique mixte sur carton (détail) 

 

Les Fils Humiliés d'Israël

 

 Cette image, ce tableau étrange, n'est pas l'expression d'une vision onirique, d'un rêve ; c’est un travail de synthèse entre deux épisodes de la vie du Prophète Jérémie qui m'ont semblé particulièrement significatifs :

-- le joug porté, pour annoncer la déportation future du peuple d'Israël.

-- le prophète éploré qui est sur le point de maudire sa vocation.

 Le prophète Jérémie porte le joug, signe et symbole de la déportation future, et qui pour lui est une sorte de bouclier sur lequel vient se briser la zizanie du monde (cf. cette parole de l'Ancien Testament : « Mais je fais de toi aujourd'hui une colonne de fer »).

Comme le joug dont parle le Christ, ce joug est léger : il y a un espace entre le joug et l'épaule du prophète.

Il a le front emboîté en celui de Dieu, narine contre narine, il a l’air abattu, triste ; il a l'amertume au cœur : « Mon Dieu tu m'as séduit et je me suis laissé séduire etc. » ; il y a quelque chose en lui qui rappelle l’amertume du prophète Jonas sous le ricin.

Son visage est peint dans des couleurs froides par opposition aux couleurs chaudes du demi visage de Dieu.

Il a la hanche brisée comme son aïeul Jacob après sa lutte avec l'Ange.

Son élan, puissant, brise tous les cadres, y compris les siens propres.

Il a des flammèches ou  un petit vortex (une spirale colorée – voir étude préliminaire encadrée dans un sous-verre) sur la cuisse droite, signe que cet élan est plus fort que lui...

Ses bras et ses mains sont vers l'avant et vers le haut. Sa main droite, il la donne d'ailleurs à Dieu qui en fait sa Dextre !

Enfin (j'aurais pu commencer par là, car n'est-ce pas l'origine de toute son histoire personnelle, sa vocation ? !) Il a au cœur la feuille de figuier, qui évoque l'ombre de l'arbre biblique sous lequel méditer (cf. cette parole du Christ : « Je t'ai vu Nathanaël quand tu étais sous le figuier »).

 

Les Fils Humiliés d'Israël

Même thèmatique mais traitée en plus grand format, à l'huile sur toile-

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J
Tu as des talents poétiques , sûr ! je résume à l'essentiel  tes messages -   les parties entre parenthèses sont ce que je rajoute pour lier les mots  en un ensemble plus cohérent, les pointillés là où j'ai supprimé des mots ;  je mélange  aussi l'ordre des idées :  "eau-boue, lot                           de gagne-misère  passereaux côtoyés et complainte                                            non comprise  fade(ur) m'est moins vivante                                       que les...aigue(s) de la mer le rameau vert...les satuaires                                       détestent son ombre ivresse de vent pur, loin ...                                     de me précipiter  vers (ce que l'on) jette (de) graine                                                  à terreque n'escaladé-je les grilles, c'est                                             ma couvée... au ras de l'eau                      je m'abreuve, chirurgical je plonge et                                trouve mon régal  mon chiffon temporel a                                 des dents de...saphir ''    Voici, il me semble un beau poème surréaliste !
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C
Je te remercie d'avoir accueilli favorablement ce halètement presque colérique : peut-être allait-t-il passer pour de la condescendance à la limite hautain en vers le prochain qui n'est plus perçu comme tel, lorsqu'il se moque et glousse d'une joie malsaine. On le voudrait lointain : comment l'aimer encore ? Mon chiffon temporel a des dents de rubis et de saphir qui ont vite raison de la méroire douloureuse gravée dans le marbre. Les pleurs de la vallée de Bacca ont arrosé mon grain avant mouture. Voici donc son germe.<br /> Ainsi me voici Baudelairien. Yes, j'admets entre le spleen et l'idéal mais l'idéal n'est pas troujours du goût rabotté et poli la norme que je trouve trop morne aujourd'hui : Le rameau vert du tronc d'Isaïe est regardé comme une excroissance par la souche morte et les statuaires détestent son ombre.<br /> Christofor
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J
La teneur de ce poème me semble éminemment romantique, baudelairienne en fait.Ecart entre chute et relèvement : c'est un peu la situation existentielle en même temps que la condition spirituelle universelle que tu dépeins ici, grâce à ton commentaire poétique.''Professer sa foi païenne'' comme tu le dis signifie souvent, pour moi, ignorer l'idole à laquelle l'on est asservi.AmicalementJean
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C
Dans le même registre, en guise de commentaire je vais te faire l'exposé en prose de mon sentiment chrétien au travail, parmi ceux qui professent leur foi païenne :<br /> Eau-boue, lot de gagne-misère ! Comme un albatros dans un poulailler le premier du mois de mai, je cotoie des passereaux et des volailles qui ne comprennent pas ma complainte. Je lève les yeux sous le ciel d'azur et rêve d'autres Cieux, de mer, d'ivresse du vent pur.<br /> La marre de la basse-cour est pour moi une bauge étrangère où sébattent en la troublant, les canards de babarie sédentaires. La boue fade m'est moins vivante que les eaux d'aigue de la mer.<br /> Loin de moi de me précipiter flatteur vers la graine jetée à terre, toujours à mon bec plus dure et sèche que l'anchois !<br /> Moqué à terre, dans les airs je n'ai pas de rival, accrobaties haut dans les airs, au raz de l'eau je m'abreuve, chrirurgical, je plonge et trouve mon régal...<br /> Que n'escaladé-je ces grilles ? C'est ma couvée à terre qui me retient. Un jour, déjà bientôt ! Je prendrai mon envol sans revenir et c'est en vain qu'on essaiera de me retenir car dans mon coeur, je suis déjà parti.<br /> Christofor
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